A l’écart-André Bucher

Essai sur le lien entre la nature et l’écriture. Saisonnalité de l’écriture d’un paysan-écrivain comme il se nomme. Ce livre est à la fois un mélange de témoignage de sa vie, des réflexions sur la transition économique et sociale de ces cinquante dernières années, des mythes.

André Bucher explique sa démarche, il n’écrit que l’hiver car c’est la saison la plus calme de l’agriculture. André Bucher décrit la Montagne de la Lure, sa difficulté d’être un agriculteur bio mais également la satisfaction qu’il a d’avoir fait ce choix. Depuis quarante quatre ans il travaille dans sa ferme biologique à Monfroc que ses enfants ont repris.

Il est également question de Nature Writing, des écrivains américains et du rapport à la nature. Le choix du titre n’est pas anodin, il a choisi une vie à l’écart mais non en marge. Il préfère le silence de la nature afin de vivre pleinement son isolement et cultiver sa différence.

« Ne devait-on pas en priorité, se soucier d’apprendre ce que l’on sait, cultiver, approfondir ce que l’on possède de mieux en soi, plutôt que se débattre et se perdre dans ce que l’on ne sait pas ? »

Quand on lit assez peu d’essai où que l’écologie nous paraît être un vaste sujet ce livre est parfait pour une prise de conscience et amène facilement à la réflexion.

Al'écart

Publicités

Loin du Corps Léa Simone Allegria

Étudiante à l’école d’art du musée du Louvre, Adrienne prépare la fin de son master et se retrouve par hasard emportée dans le mannequinat. Ce mannequinat qu’elle observe en pantin d’une machine sans pitié.

Elle passe de l’observatrice à l’observée. Côtoyant des modèles qui mangent du coton pour ne pas grossir, survivantes du régime compote/champagne/médicament . En toile de fond une histoire d’amour avec Sandro, la disparition d’un frère jumeau, des portraits des gens qui l’entourent.

Et surtout comment passe t-on de l’autre côté d’un miroir poreux, l’image que l’on renvoi versus l’image que l’on a de nous, l’image que l’on a de soi même. Alors au fur et à mesure, on se laisse emporter dans un broyage, dans une étrange machination. J’ai beaucoup aimé ce roman, le style sec, la plume directe de l’auteur. C’était un thème un peu surprenant n’étant pas du tout intéressée par le milieu de la mode pour ma part dans la littérature je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de roman mais je l’ai beaucoup aimé. Le personnage principale à défaut d’être plein d’orgueil est cependant attachant.

 

loinducorps

 

Retour sur le Festival du Premier Roman

Je crois que je n’ai pas les mots. Je n’ai pas les mots pour vous dire combien j’ai été surprise.

Surprise de l’écho du Festival sur lequel nous avons travaillé toute l’année avec Anne-Sophie et Céline.

Surprise du nombre de personne qui sont venues de leur plein grée écouter des tables rondes aux sujets variés, discuter des premiers romans avec leurs auteurs. Le besoin de parler s’est fait ressentir ce weekend, la littérature c’est aussi une question de politique et en cette période plutôt sombre les débats, les discussions se sont entremêlées, chacun y allait de son mot, de sa touche personnelle, de son inquiétude.

Le festival du Premier roman de Laval a la particularité de faire intervenir tous ses auteurs autour de tables rondes de café littéraire. Il se refuse à être une foire du livre et c’est là le secret de sa réussite. Comme je faisais partie de l’organisation, je n’ai pas pu voir tout les cafés littéraires et tables rondes cependant j’ai vu une table ronde : « Des mots pour la paix ». La salle était comble et nous étions dimanche matin à 10h30. C’est sans doute le café littéraire le plus émouvant que j’aie jamais écouté.

Sorj Chalandon ; « La paix c’est asseoir avec le salaud qui est en face »

 

 » On me reproche d’être resté en Algérie. Alors sur le pardon je dis. Je dis : je suis désolé pour vos blessures, pour votre jambe. Et vous savez je suis entier, je n’ai pas de blessures apparentes, j’ai vu mon père enfant se faire piétiner par des militaires alors me pardonnez vous, vous aussi ? ». Yahia Belaskri.

J’ai vu ce weekend quelque chose d’exceptionnel qu’en tant que libraire je n’avais jamais eu l’occasion de voir, un rassemblement, une force qui se dégage. Quand on me disait que la littérature avait une force je n’y croyais pas ou plus vraiment. J’ai eu la preuve qu’on me disait vrai, que la littérature n’est pas juste un conglomérat d’élitistes comme on l’habitude de le croire.

C’était incroyable, de voir tout ce monde, qui ne faiblissait aucunement , qui assistait avec une curiosité aux cafés littéraires. Alors oui le livre peut quelque chose encore, oui la littérature n’est pas morte, oui on est capable de réunir des gens autour d’un livre. Cessons donc de nous morfondre sur la littérature : elle a un avenir…

« Est ce que c’est nous qui prenons le destin ou le destin qui nous prend ?  » Guy Boley

 

Le quart d’heure du Mercredi

Chose promise, chose due. Trois photos valent mieux qu’un long discours.

« Le premier roman est toujours signé d’un nom inconnu.

Lorsque nous ouvrons le paquet de l’éditeur qui le renferme, nous critiques et jurés, il ne nous dit rien car aucune légende

ne le précède. Il nous arrive vierge au début de l’été. Pas de rumeur flatteuse, pas d’avocat, pas de chevau-léger. Il est nu et ne demande qu’à s’offrir à ses tous premiers lecteurs. Son nom, son titre, son visage ne nous disent rien. De quelle secrète énergie doit-il être animé, à quel feuintérieur doit-il se consumer, pour sortir de sa boîte et s’imposer…. » Pierre Assouline.

Havre Nuit d’Astrid Manfredi

Quand on l’a reçu au bureau, il y a quelques semaines, j’avais déjà envie de le lire.
J’ai beaucoup aimé son premier roman La petite Barbare et cette fois c’est au Havre qu’elle nous emmène.

L’histoire est écrite à la deuxième personne du singulier : « Tu », ainsi on suit à la fois Laslo Cozac, un jeune homme assez peu fréquentable aux armes de séduction redoutable, Alice une inspectrice terne qui aurait à voir avec cet homme, leurs famille respective, leur entourage proche.

Mais surtout et aussi, une jeune narratrice qui prend Laslo Cozac en stop lors de la nuit du réveillon, l’emmène en dans une soirée d’amis d’amis et échappe à une mort certaine si elle avait été blonde.

J’ai beaucoup aimé la psychologie des personnages, le jeu à la deuxième personne du pluriel, beaucoup plus subtil que son premier roman.
Si vous aimez Bashung… Cette histoire est pour vous.

… Si vous avez rien à lire pour un trajet en train ou en avion… En deux heures c’est dévoré.

HavreNuit

Le quart d’heure de la semaine

Depuis quelques semaines tout s’accélère : le festival approche à grand pas. Et il faut rédiger les plannings pour les scolaires, pour les intervenants (auteurs ainsi que pour les comédiens qui interviennent). Anne Sophie s’occupe des plannings également des bénévoles et de nous autres. Le dernier évènement du mois de Mars était une rencontre avec Eduardo Garcia Aquilar, un professeur colombien qui intervenait autour de la culture en Colombie à l’office de Tourisme de la ville.

Pendant ce temps, les programmes sont distribués, imprimés, envoyés à nos mailings, les lauréats du concours d’écriture sont choisis, contactés, ils auront chacun leurs prix au festival… Tout se prépare dans l’ombre…Avant le festival du 27 au 30 Avril, entre les deux tours des élections présidentielles.

Je me suis également rendue à la dernière rencontre de Marlène avec ses lecteurs de Craon au sud du département pour la fin de son atelier d’écriture. J’ai dépanné M’Lire qui n’avait pas de libraire. Je suis redevenue libraire l’espace d’une demi-heure. Puis j’ai renfilé mes baskets et on est repartie vers Laval. Les ateliers lectures touchent à leurs fins.Le mien : le FJT Pierre de Coubertin a quasiment fini son livre et c’est avec une pointe de tristesse qu’avec Anne nous terminons le livre Ce qui nous sépare d’Anne Collongues. Non pas parce que le livre va nous manquer. Anne Collongues me pardonnera de ne plus jamais vouloir entendre parler de RER.  L’énergie joyeuse de notre petit groupe va clairement me manquer.

On communique, on choisi nos mots pour expliquer en quoi c’est important un festival de Primo Romanciers… Et en parallèle quand les journées sont plus creuses, j’arpente les sites d’éditeurs à la recherche des nouveaux premiers romans pour l’édition 2018 (en attendant le livre hebdo…), d’ailleurs je me demande pourquoi dans la littérature française sur les sites des éditeurs il n’y aurait pas un encart premiers romans, ça m’économiserait pas mal de temps. Avec les bénévoles on a déjà nos nouveaux favoris et on est pas toujours d’accord sur tout.

Promis, je vous mets la vitrine en photo prochainement… Mais pour le moment feuilletez  donc le programme :

plaquette festival 2017affiche-2017

Ce qui nous sépare d’Anne Collongues

Autant vous le dire tout de suite : j’ai lu ce livre au moins 5 fois. Donc mon avis entre le moment où je l’ai lu et maintenant diffère un peu.

Résumé

Un soir d’hiver, dans un RER qui traverse la capitale et file vers une lointaine banlieue au nord-ouest de Paris. Réunis dans une voiture, sept passagers sont plongés dans leurs rêveries, leurs souvenirs ou leurs préoccupations. Marie s’est jetée dans le train comme on fuit le chagrin ; Alain, qui vient de s’installer à Paris, va retrouver quelqu’un qui lui est cher ; Cigarette est revenue aider ses parents à la caisse du bar-PMU de son enfance ; Chérif rentre dans sa cité après sa journée de travail ; Laura se dirige comme tous les mardis vers une clinique ; Liad arrive d’Israël ; Frank rejoint son pavillon de banlieue.

Le lecteur suit en huis clos, ces sept personnages, on oscille entre les flash backs que chacun se fait sur sa vie. L’écriture d’Anne Collongues est très fluide et l’on s’attache à certains personnages, d’autres moins. Le suspense est maintenu jusqu’à la fin grâce au jeu du narrateur omniscient.

C’est un bon premier roman mais, pour l’avoir lu cinq fois, le lire en atelier lecture, autant le dire, je ne suis plus autant attachée qu’au départ. Je l’ai trouvé bon mais les personnages parfois manquent de réalité tant ils ont été travaillés. Le roman manque de spontanéité parfois.

J’ai cependant aimé les changements de personnages et le fait de le lire en atelier nous a permis d’aborder pas mal de sujets avec les jeunes de pierre de Coubertin. (et pendant ces ateliers je me dis souvent que ce livre on devrait l’appeler ce qui nous rassemble..)

cequinoussépare