Beauté Fatale de Mona Chollet

Une femme doit être, jolie mais pas trop sexy, intelligente mais pas trop non plus, (comment parler de l’égo de l’homme, il faut les nourrir et les satisfaire dans leur suffisance), rester mince autant que possible (aie aie faire du 44 c’est très mal vu, on dirait que tu es négligé et que tu ne fais pas de sport), doit se faire belle (pardon, j’ai pas 45 minutes à perdre tous les matins).
Mona Chollet revient sur tout les dogmes sociaux imposés aux femmes pendant ces dernières décennies, elle livre un portrait très juste de plusieurs femmes qui sont obligés de suivre les diktats de la mode comme Portia de Rossi (actrice qui jouait dans Ally McBeal) anorexique, les créateurs de mode qui impose au femme une vision assez réductrice de ce qu’elles sont capables de faire. (Karl Lagerfeld dont la misogynie me sidère).
A travers des articles, des témoignages, des séries télévisés qui véhiculent une image de la femme servile, bien habillé et obéissante. (Gossip Girl ne vous fera plus du tout le même effet).
Ce livre m’a beaucoup touché, autant que King Kong Théorie, avant je ne mettais jamais de robes, de jupes, de maquillage, on m’a fait remarqué que c’était pas très féminin tout ça, que quand même il fallait que je fasse attention à mon poids etc.. (t’inquiète j’ai perdu dix kilos en un an et je suis devenue une vraie fille ne t’en fais pas). Mais cette image de la femme pleine comme simple poupée Barbie ayant pour objectif de rassurer Ken offre une vision réductrice de leurs capacités et les diktats auxquelles elles doivent répondre sont essentiellement fait par des hommes. Un superbe essai féministe plein de ressources.

beautéfatale

Extrait
De même, les magazines travaillent avec constance à modeler les comportements féminins sur les desiderata supposés de la gent masculine, à travers d’innombrables articles sur ce que les hommes pensent, aiment, détestent, sur ce qui les rend fous, sur ce qui les dégoûte irrémédiablement, etc. Ainsi, dans leur analyse de la presse pour préadolescentes, Pierrette Bouchard, Natasha Bouchard et Isabelle Boily décortiquent un article du magazine québécois Cool ! intitulé « 10 choses que les gars aimeraient nous faire comprendre » et destiné aux gamines vivant leurs premières relations amoureuses. Les filles y sont montrées – et donc construites – comme des créatures « excitées et écervelées, contrôleuses, malhonnêtes, colériques et jalouses, manipulatrices et, enfin, infantilisantes », tandis que les garçons sont « des êtres libres, totalement indépendants, qui se gardent des espaces à eux à l’abri des filles et qui ont le pouvoir de mettre à distance et de mettre fin à la relation ». Aux premières, le magazine enjoint « de se taire et de ne pas poser trop de questions, car “les filles parlent beaucoup, un peu trop pour les gars” ». Trop parler nuit également à l’indispensable part de « mystère » qu’elles se doivent de conserver ; une obligation qui, par une heureuse coïncidence, recoupe l’essentiel de ce que l’on attend d’elles : qu’elles restent à leur place.

La peur de ne pas plaire, de ne pas correspondre aux attentes, la soumission aux jugements extérieurs, la certitude de ne jamais être assez bien pour mériter l’amour et l’attention des autres traduisent et amplifient tout à la fois une insécurité psychique et une auto-dévalorisation qui étendent leurs effets à tous les domaines de la vie des femmes. Elles les amènent à tout accepter de leur entourage ; à faire passer leur propre bien-être, leurs intérêts, leur ressenti, après ceux des autres ; à toujours se sentir coupables de quelque chose ; à s’adapter à tout prix, au lieu de fixer leurs propres règles ; à ne pas savoir exister autrement que par la séduction, se condamnant ainsi à un état de subordination permanente ; à se mettre au service de figures masculines admirées, au lieu de poursuivre leurs propres buts.

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Vis ma vie de libraire au rayon scolaire ;)

Aujourd’hui on va faire un petit tour dans mon quotidien, ça vous tente ?

Au cas où vous ne le sauriez pas, je travaille dans le rayon scolaire et parascolaire d’une librairie. Je ne vais pas vous mentir, ça ne servirait pas à grand chose, le rayon scolaire d’une librairie est chiant, souvent très chiant mais comme j’adore les trucs chiants je m’éclate bien ;P . Il faut s’occuper des commandes de manuels scolaires et à l’inverse de la plupart des livres les manuels scolaires bénéficient d’une remise unique, que l’on revend un peu à perte aux écoles. Mais ça mes braves gens c’est un peu complexe à expliquer .

La joie des manuels scolaires

Enfin si c’est simple, la remise maximum éditeur sur le manuel scolaire est de 31,5%, on les revends aux collectivités avec une remise entre 9% et 15% (parce que non seulement c’est normalement 9% la remise aux collectivités mais pour les manuels elle augmente va comprendre Charles ! ), autant te dire qu’on gagne pas une montagne de billets avec 56 Picbilles CP. (Oui tu sais le manuel de maths avec lequel tu as appris les maths… Si si allez un petit effort de mémoire !).

Le rayon scolaire ça implique aussi de s’occuper des devis, des commandes de collèges, de lycée, des écoles, d’être à l’heure dans la livraisons des dictionnaires de l’école primaire d’à côté qui t’a donnée le 20 comme date butoir et c’est la panique parce que il t’en manque 11 ect.. Mais c’est bon quand tu auras la dame au téléphone elle avait prévu une marge c’était pour le 26. (ah heureusement, toi paniquée tu es allé la veille chercher ses Larousse dans un autre magasin)…

Les joies de la pédagogie et du CRPE

Le CRPE est l’acronyme de Concours de Recrutement de Professeurs des écoles, évidemment il existe une palanquée de livres sur le sujet et un tas d’écrit sur comment diriger sa classe, Le CRPE et après ect… Rayon favoris, de nos bien chers et tendres enseignants. (je dois dire que c’est vraiment celui que je déprécie le plus, les profs sont toujours très exigeants et parfois je t’avoue que je sèche un peu). Mais pour réviser le CRPE,les futurs profs se basent régulièrement sur ce qu’il trouve à la bibliothèque et au CRDP. ( acronyme de : Centre régional de documentation pédagogique souvent il y a les ouvrages de Canopé qui mettent trois plombes à arriver en magasin…)

La joie du Parascolaire

Le rayon parascolaire, c’est grâce à ça que tu as eu ton bac, si si quand tu achetais tes annabacs chez Hatier là à la dernière minute ;P, ils en refont chaque année, les petits coquins ils ont compris le trucs, des annales, des compils de fiches et surtout cette année la grande nouveauté au brevet c’est la technologie, heureusement pour nous il existe un pauvre ouvrages de fiche sur la technologie c’est Les repères clés du brevet chez Rue des écoles Fiches de Technologies (allez je viens de sauver le brevet de ton fiston là 😛 ) . C’est aussi là qu’il y a tout les cahiers pour réviser les maths, l’anglais ,l’espagnol.. Dans le genre classique tu as tout ce qui est chez Magnard (tu restes dans le scolaire un peu, très profs), un peu plus joyeux c’est les Chouettes chez Hatier. (un peu plus ludique pour ton gosse).

Le rayon méthode de langues

C’est officiellement mon préféré, j’adore ce rayon parce que j’ai testé les méthodes de langues et que ça m’amuse de les vendre, ça oui ça m’éclate vraiment.

A savoir que les méthodes Harrap’s on fait leur preuves qu’à mes yeux assimil c’est dépassé mais que leurs cahiers sont très bien faits pour réviser (débutants et faux débutant), que le meilleur pour réviser le Toeic c’est chez Nathan parce qu’il y a quatre tests ensuite celui chez Hachette par les créateurs du test et enfin celui d’Ellipse pour le 200% TOEIC.

Voilà une petite illustration rapide de mes compagnons de tous les jours, je te demande quand même, c’est quand la dernière fois que tu as acheté un dictionnaire ?

La suite au prochaine épisode 🙂

 

Seuls tome 11-Les cloueurs de Nuit

SPOILER ALERT : il est possible que vous n’ayez pas lu l’intégralité de cette série, faites donc attention si je vous ai dévoilé la suite dans cet article veuillez m’en excusez.

Si je ne vous l’avais pas dit je travaille actuellement en librairie au rayon scolaire. Le rayon scolaire est à côté de la B.D donc je suis amenée à renseigner régulièrement là-bas. Je ne vous raconte pas mon excitation quand j’ai pu lire le tome 11 de Seuls en avant première (avant la parution officielle qui est aujourd’hui).

Résumé des épisodes précédents : on suit cinq enfants dans la ville de Fortville qui se retrouvent seuls au monde, pas de corps, ni de cadavres, tout le monde a disparu.  Toutes les communications sont coupées. Tout est resté intact mais sans vie. Yvain, Dodji Leila, Terry, Camille deviennent amis et se retrouvent dans différentes aventures, de plus en plus effrayantes. Des animaux se promènent en liberté, d’autres enfants se sont retrouvés ici aussi et au fur et à mesure on rentre dans un univers de plus en plus complexe. (les limbes, les familles etc..)

Le tome 11 a dépassé toutes mes attentes, après le tome 10 qui a été une grande déception, finalement à part Terry et le maître des couteaux  on ne retrouve pas l’esprit de la série et on ne voit pas très bien où les auteurs veulent en venir.

Depuis le tome 9, les cinq ont été séparés, dans ce tome on suit Yvain qui est parti se réfugier en Bretagne et le suspens est à son comble lorsqu’il retrouve Camille. Camille qui n’a plus rien de la jeune fille des épisodes précédents qui est devenu, l’enfant-minuit. (d’ailleurs quand ils ont tués Camille pour en faire l’enfant minuit qu’est ce que j’ai été surprise, on avait tous pariés sur Dodji ).Yvain n’est pas sécurité dès que Camille le retrouve elle envoie du monde afin de le ramener près de lui.

Plus un seul lieu sûre, chacun suit sa route, à quand des véritables retrouvailles ?

J’ai adoré ce nouvel épisode, il redonne du sens à la série et on a très envie de savoir la suite pour savoir ce qu’il en est des familles et surtout qu’est ce qu’il est arrivé à Camille depuis deux épisodes (parce qu’à part ses apparitions en mode méchante on ne sait pas grand chose faut bien l’avouer). Le rythme est plus soutenu, l’histoire a plus de sens que le tome précédent et surtout on aperçoit un peu de la nouvelle vie de chacun.Il me tarde de lire la suite..

Les-cloueurs-de-nuit

Le metteur en scène polonais- Antoine Mouton

La pièce aurait pu être parfaite, si le roman choisi n’avait pas été celui-ci, si le roman choisi était une véritable pièce de théâtre. Si le metteur en scène polonais ne virait pas fou, bien que considéré comme un génie la pièce lui survivra t-elle. De fantaisies en fantaisies, le metteur en scène partage des œufs durs avec quiconque souhaite protester, puis il s’adonne à de nouvelles lubies, il parle en français en tchèque, engage un traducteur et surtout le texte du roman, il n’arrête pas de changer, il ne retrouve jamais les mêmes personnages, il s’endette, la troupe n’ose plus lui faire face. Personne n’ose lui dire mais il se rend bien compte qu’il perd la raison, que cette pièce devient une folie et qu’il en est l’auteur.

Ce livre est un très bon premier roman, bien que l’histoire aurait pu tourner en rond le final est surprenant, on s’attache aux personnages entraînés malgré eux dans ce cercle infernal. metteurenscenepolonais

La Facture-

Vendeur sans histoires dans un vidéo club, il se laisse vivre jusqu’au moment où une facture arrive. Une facture très élevée 5 700 000 de couronne, indice de bonheur vécu. Croyant en premier lieu à une blague, il ne s’arrête pas là, laissant couler, jusqu’au rappel, ne comprenant pas comment un modeste homme puisse avoir à payer une telle facture, il mène son enquête afin de comprendre comment il a pu être amener à régler une somme aussi colossale. Un livre drôle et triste, plein d’humour et de sagesse, qui se lit très rapidement. Le héros de ce livre nous invite à prendre conscience de notre bonne fortune et de notre bonheur, à lire dès que le moral est au plus bas.

lafacture

 

L’art d’être libre dans un monde absurde

 

 

L’auteur du livre est un journaliste indépendant qui a décidé de vivre en dehors des codes de notre société.

Il s’en va si un travail lui déplaît, décide d’aller vivre à la campagne, nous invite à éviter les banques, les centres commerciaux et propose des commandements afin de vivre plus libre. Au départ je pensais qu’il s’agissait d’un livre de développement personnel, c’est finalement plus un essai politique qui nous invite à reconsidérer le système dans lequel nous sommes les principaux pions sous le joug des politiciens. Derrière notre société de confort se cache en effet une société de contraintes essentiellement basée sur la place du travail. IL utilise l’exemple assez fort du moyen-âge où la société était basée sur le travail dans le respect de la nature, les paysans d moyen-âge travaillaient moins que nous.

J’ai beaucoup apprécié cet ouvrage même si parfois il y a quelques contradictions, il invite le lecteur à réfléchir sur ses conditions de vie différemment de L’homme sans argent mais pose question de notre système.

L-art-d-etre-libre

Auprès de moi toujours de Kasu Ishiguro

Mon plus grand coup de cœur de ce début d’année c’est ce livre là. L’histoire de jeunes élevés dans un pensionnat d’Angleterre où ils sont surprotégés, ne sachant que très peu de choses sur le monde extérieur et leurs places dans celui-ci, ils sont programmée pour devenir accompagnant puis donneur d’organes.

Mais ces dons, cette place qu’ils ne choisissent pas pourquoi sont ils obligés de l’accepter, que sont ils que les autres ne sont pas. Les trois personnages de ce roman affrontent leurs vies respectives, leurs angoisses,l’amour après cette période de l’adolescence où ils se construisent sans réellement savoir pourquoi ils effraient Madame et les étrangers.

L’atmosphère est très étrange mais très agréable à lire, ce livre suscite un réel suspens bien qu’il n’y ait aucun meurtrier seules quelques questions sans réponses, j’ai vraiment beaucoup aimé cette atmosphère de science fiction très réaliste. Je vous le recommande vivement.

Mon voisin de train a accepté que je lui spoile l’intégralité de cette histoire 😉 !