Le dernier quart d’heure du mercredi !

Nous voilà le 31 Mai 2017, comme prévu mon contrat à Lecture-en-tête se termine aujourd’hui pour de nouvelles aventures. Toutes les bonnes choses ont donc une fin. Une aventure qui se termine ! Et quelle aventure, j’ai décidé de continuer dans ce milieu grâce à cela, je décide de repartir donc pour poursuivre ce que je faisais avant.

Je verrai ce que l’avenir me réserve et je suis cent fois moins inquiète et anxieuse quant à la suite désormais. (plus on s’en fait, moins ça va.. moins on s’en fait et ça va mieux). J’ai adoré mon année à Laval et comme je le dis souvent, de toute façon c’est à croire que c’est le seul endroit qui veut de moi. J’ignore ce que j’aie préféré, est ce que c’est les ateliers lectures du Lundi soir du FJT, mon travail sur le terrain, les présentations en bibliothèques dans de sordides endroits pendant les soirées de Janvier, les chroniques sur France Bleu Mayenne, le Festival du premier roman, le fait de voir comment cela s’organise, toutes les rencontres avec les auteurs pendant la saison littéraire.. Lire et découvrir des premiers romans (ça c’était vraiment génial !).

Qu’est ce que je vais faire de mon mois de Juin, premièrement je pars à Étonnants Voyageurs demain, je vais donc revoir pas mal d’auteurs rencontrés à Laval cette année. (Sylvain Tesson, Yahia Belaskri.. etc..)  (Je vous raconterai la semaine prochaine promis). Deuxièmement je prends quelques jours de vacances tout de même : le Nord m’attend, oui personne ne part en vacances dans le Nord.. Sauf quand on est resté deux ans là haut.

Et après ? Après ne vous inquiétez pas pour moi, la vie continue, elle ne s’arrête pas si l’on n’a pas d’activité définie, si quelque chose nous anime tant mieux non ? Est ce qu’il faut que ça soit lucratif pour que ça nous anime ? Non je ne crois pas..

Ensuite on est en pleine organisation pour notre association de volontaires en service civique pour une journée de rencontre fin juin.. (sur le département Mayennais). Donc j’ai encore pas mal de choses à faire en Juin… J’ai une pile de livres à lire, des réunions autour des premiers romans qu’on est en train de lire, prendre des vacances, faire du vélo au bord de la Mayenne, vivre pour soi un peu quoi !!

Allez profitez du temps qui vous est imparti, je reviendrai bientôt vous raconter la suite mais pour le moment, je m’en vais me reposer un peu… (enfin pas tout de suite, à partir du 6)

Une activité respectable de Julia Kerninon

Uneactivitérespectable

Une très belle perle littéraire la semaine dernière est tombée dans mon sac : je devais me rendre à France Bleu pour chroniquer ce livre.

Une activité respectable de Julia Kerninon est une rétrospective de ses années d’écriture. Elle nous offre sa géographie de la littérature, les expériences qu’ils l’ont forgées au fur et à mesure et finalement un très bon moment de lecture. On savoure donc dans sa langue fluide et très forte les pérégrinations de Julia Kerninon, à Berlin, en Hongrie, sous les toits de Nantes avec sa machine à écrire. Prends une tasse de thé et savoure ami lecteur cette très courte autobiographie.

« Partout où j’ai vécu, je me suis déplacée avec mes bagages de livres, c’est un continent mouvant dont je suis l’unique carte, et souvent, avant de me mettre au travail, je relis les quelques textes que je préfère pour former un cercle au centre duquel j’essaye ensuite de me tenir droite, pour faire honneur à ce que j’aime. »

A l’écart-André Bucher

Essai sur le lien entre la nature et l’écriture. Saisonnalité de l’écriture d’un paysan-écrivain comme il se nomme. Ce livre est à la fois un mélange de témoignage de sa vie, des réflexions sur la transition économique et sociale de ces cinquante dernières années, des mythes.

André Bucher explique sa démarche, il n’écrit que l’hiver car c’est la saison la plus calme de l’agriculture. André Bucher décrit la Montagne de la Lure, sa difficulté d’être un agriculteur bio mais également la satisfaction qu’il a d’avoir fait ce choix. Depuis quarante quatre ans il travaille dans sa ferme biologique à Monfroc que ses enfants ont repris.

Il est également question de Nature Writing, des écrivains américains et du rapport à la nature. Le choix du titre n’est pas anodin, il a choisi une vie à l’écart mais non en marge. Il préfère le silence de la nature afin de vivre pleinement son isolement et cultiver sa différence.

« Ne devait-on pas en priorité, se soucier d’apprendre ce que l’on sait, cultiver, approfondir ce que l’on possède de mieux en soi, plutôt que se débattre et se perdre dans ce que l’on ne sait pas ? »

Quand on lit assez peu d’essai où que l’écologie nous paraît être un vaste sujet ce livre est parfait pour une prise de conscience et amène facilement à la réflexion.

Al'écart

Loin du Corps Léa Simone Allegria

Étudiante à l’école d’art du musée du Louvre, Adrienne prépare la fin de son master et se retrouve par hasard emportée dans le mannequinat. Ce mannequinat qu’elle observe en pantin d’une machine sans pitié.

Elle passe de l’observatrice à l’observée. Côtoyant des modèles qui mangent du coton pour ne pas grossir, survivantes du régime compote/champagne/médicament . En toile de fond une histoire d’amour avec Sandro, la disparition d’un frère jumeau, des portraits des gens qui l’entourent.

Et surtout comment passe t-on de l’autre côté d’un miroir poreux, l’image que l’on renvoi versus l’image que l’on a de nous, l’image que l’on a de soi même. Alors au fur et à mesure, on se laisse emporter dans un broyage, dans une étrange machination. J’ai beaucoup aimé ce roman, le style sec, la plume directe de l’auteur. C’était un thème un peu surprenant n’étant pas du tout intéressée par le milieu de la mode pour ma part dans la littérature je n’ai pas l’habitude de lire ce genre de roman mais je l’ai beaucoup aimé. Le personnage principale à défaut d’être plein d’orgueil est cependant attachant.

 

loinducorps

 

Retour sur le Festival du Premier Roman

Je crois que je n’ai pas les mots. Je n’ai pas les mots pour vous dire combien j’ai été surprise.

Surprise de l’écho du Festival sur lequel nous avons travaillé toute l’année avec Anne-Sophie et Céline.

Surprise du nombre de personne qui sont venues de leur plein grée écouter des tables rondes aux sujets variés, discuter des premiers romans avec leurs auteurs. Le besoin de parler s’est fait ressentir ce weekend, la littérature c’est aussi une question de politique et en cette période plutôt sombre les débats, les discussions se sont entremêlées, chacun y allait de son mot, de sa touche personnelle, de son inquiétude.

Le festival du Premier roman de Laval a la particularité de faire intervenir tous ses auteurs autour de tables rondes de café littéraire. Il se refuse à être une foire du livre et c’est là le secret de sa réussite. Comme je faisais partie de l’organisation, je n’ai pas pu voir tout les cafés littéraires et tables rondes cependant j’ai vu une table ronde : « Des mots pour la paix ». La salle était comble et nous étions dimanche matin à 10h30. C’est sans doute le café littéraire le plus émouvant que j’aie jamais écouté.

Sorj Chalandon ; « La paix c’est asseoir avec le salaud qui est en face »

 

 » On me reproche d’être resté en Algérie. Alors sur le pardon je dis. Je dis : je suis désolé pour vos blessures, pour votre jambe. Et vous savez je suis entier, je n’ai pas de blessures apparentes, j’ai vu mon père enfant se faire piétiner par des militaires alors me pardonnez vous, vous aussi ? ». Yahia Belaskri.

J’ai vu ce weekend quelque chose d’exceptionnel qu’en tant que libraire je n’avais jamais eu l’occasion de voir, un rassemblement, une force qui se dégage. Quand on me disait que la littérature avait une force je n’y croyais pas ou plus vraiment. J’ai eu la preuve qu’on me disait vrai, que la littérature n’est pas juste un conglomérat d’élitistes comme on l’habitude de le croire.

C’était incroyable, de voir tout ce monde, qui ne faiblissait aucunement , qui assistait avec une curiosité aux cafés littéraires. Alors oui le livre peut quelque chose encore, oui la littérature n’est pas morte, oui on est capable de réunir des gens autour d’un livre. Cessons donc de nous morfondre sur la littérature : elle a un avenir…

« Est ce que c’est nous qui prenons le destin ou le destin qui nous prend ?  » Guy Boley