De nos frères blessés de Joseph Andras

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  En 1957 à Alger, Fernand Iveton un ouvrier communiste d’une trentaine d’années pose une bombe dans son usine, il a choisi un atelier désaffecté, un endroit où personne ne passe, il refuse de heurter des innocents. C’est l’acte qui compte. La bombe cependant ne se déclenchera pas, et Iveton sera arrêté avant.

Le prévenu sera condamné à la peine capitale bien qu’il n’y ait aucun mort, aucun dégâts. Joseph Andras revient sur la vie de l’homme et de ceux qui l’entourent, de ce qu’il l’a poussé à commettre cet acte et remet en question le système judiciaire français de l’époque, bien que la grâce soit demandé au président René Coty ainsi qu’au garde des sceaux François Mitterand, Iveton va tout de même se faire guillotiner.

Ce livre fait partie de mes lectures obligatoires pour Octobre et je dois avouer que j’aie eu beaucoup de mal à m’y mettre mais j’ai fini par le lire et je n’ai pas été déçue, ça m’a un peu révolté que cette France des droits de l’homme en 1957 condamne un homme à cause de l’opinion publique, étrange écho avec les événements du moment.

Le style de l’auteur est très agréable à lire, le sujet au départ ne m’intéressait pas, étant donnée que la dernière fois que j’aie lu un livre où il était sujet de l’Algérie c’était dans Profession du père de Chalandon (qui m’avait retourné il faut le dire). Une fois que j’aie passé ma barrière de préjugés j’ai été très agréablement surprise par la beauté du texte et sa force.

Joseph Andras a refusé le prix Goncourt du premier roman. Voici les raisons :

« J’étais mal à l’aise à l’idée d’être pris, sans avoir rien fait pour cela, dans une « course », une mise en compétition, en concurrence tandis que tout me pousse, au regard de mes conceptions politiques, à refuser ces notions. D’autant que j’ai tendance, en tant que lecteur, à fuir les ouvrages flanqués d’un bandeau rouge. Le livre n’était pas même sorti que je voyais ceci comme un frein à l’indépendance d’écriture que je tiens par-dessus tout à préserver. J’ai demandé à mon éditrice, contre son gré, de leur faire savoir que je les remerciais, en tant que lecteurs, pour l’intérêt qu’ils avaient trouvé à ce texte mais que je ne pouvais l’accepter, par simple souci de cohérence, et laisser s’« institutionnaliser » ce récit et les idéaux portés par les personnages. Je me doute que ma réponse sera, ici ou là, mal comprise, déformée, jugée pour ce qu’elle n’est pas : tant pis… J’ai pesé chaque mot, le plus honnêtement possible et sans le moindre goût pour le « scandale ». Il me tarde seulement que nous cessions de parler de tout ceci. »

Joseph Andras parle à Lionel Decottignies, du journal l’Humanité, de De nos frères blessés et de sa décision de refuser le Goncourt du premier roman.

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