Le livre des Etoiles

Ce conte pour enfant, je dis que c’est un conte car il a tout du récit initiatique et que la fantasy reste ici plutôt dans l’ordre du merveilleux, est un petit bijou quand on doit faire du babysitting et que l’on a aucun accès internet.

Guillemot est un jeune garçon du pays d’Ys qui souhaite devenir écuyer, la sorcellerie ne l’intéresse pas, cependant lors de l’anniversaire de son oncle Urien il va avoir le syndrome de Tarquin qui est une prédisposition naturelle à la magie et de grands dons.

Il devient donc un peu à contrecoeur apprenti sorcier du maître Qahedar, au fur et à mesure on voit Guillemot grandir, évoluer, découvrir les différentes phases du mondes certains et incertains, accompagné de ses amis ils vont peu à peu vivre de fantastiques aventures et mené l’enquête sur la disparition du grand livre de sorcellerie : le livre des étoiles.

 

La femme de Hasard de Jonathan Coe

Je n’avais jamais lu Coe, j’ai adoré cette histoire. C’est l’histoire de Maria jeune fille d’une grande beauté parfaitement indifférente à la vie, totalement même, elle ne se réjouit de rien, ne s’extasie pas , elle traverse le temps indifférente à tout. On la suit à Oxford, à Londres, à Chester mais rien ne semble l’effleurer, elle traverse son existence. Ce livre m’a fait un étrange effet, celui de vouloir profiter de la vie un peu plus fort. La fin m’a un peu déçu voir complètement et pourtant l’auteur joue avec son lecteur, il le prévient à plusieurs reprises que Maria n’est pas toujours intéressante, qu’elle l’ennuie.. Si j’avais un livre à vous conseiller pour vous emmitoufler sous votre plaid par un dimanche après-midi pluvieux, je vous conseille celui-là.

La Fabrique du Monstre de Philippe Pujol

 

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Marseille, le soleil, la méditerranée et ses quartiers nord. J’ai vécu un an et demi dans le sud est et j’ai eu la chance de travailler au soleil, sous le ciel bleu 360 jours par an. Assez étrangement il y a des quartiers que je ne fréquentais pas à Marseille, la ville est tellement étendue qu’il m’a été impossible de la connaître aussi bien qu’Aix.(le saviez vous Marseille est en superficie plus grande que Paris).

Ici l’auteur relate des faits-divers, des politiques locales parfois douteuses de nombreux compromis, de fausses promesses, une sclérose sociale. Comme si dans ces quartiers ont y avait construit un ghetto de la misère dont il est impossible d’en réchapper. C’est un mélange assez subtil de portraits, jeunes en quête de sens, relogés sociaux, parents d’enfants tués trop jeune.

J’ai du mal à croire que j’aie travaillé dans cette ville et je me rends compte que la population des quartiers nord je ne la voyais jamais (tout simplement parce que c’est compliqué de s’y rendre, les bus par là-bas se font plus rares).

Il m’arrive rarement de lire des essais, des enquêtes journalistes ce livre m’a attiré parce que j’ai vécu dans le sud-est et je sais à quel point les mentalités sont différentes d’un point à un autre. (ex : Aix et Marseille, proches mais à l’antipode l’une de l’autre). Le journaliste qui a écrit ce livre a enquêté pendant 10 ans environ, il sait de quoi il parle, j’aurai adoré le voir en dédicace et lui parler de son livre.

Jan Karski de Yannick Haenel

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Ce livre est découpé en trois partie : la première est tiré du film Shoah de Claude Lanzmann, la seconde est un résumé du livre Story of secret state de Jan Karski et la troisième partie est une fiction.

J’ai beaucoup aimé le côté roman historique très précis sur certains aspects même s’il a été vivement critiqué pour la partie fiction. Je pense que c’est important de laisser une part de mystère à la littérature. J’ai trouvé qu’on recelait beaucoup de vérité dans cet écrit fictif. Le personnage et le parcours de Jan Karski à suivre pendant la seconde guerre mondiale est vraiment passionnant pour les férus d’histoire. De plus la partie fictive apporte une touche de fantaisie. Cet écrit a été très critiqué par Lanzmann qui a réalisé le film documentaire Shoah. Il estime que les faits sont les faits et que l’on n’a pas à toucher à l’histoire. C’est dommage, ce qui rend cette histoire exceptionnelle c’est bien le fait que l’on n’ait jamais su ce qui s’est dit entre Roosevelt et Karski ce soir à la maison blanche et qu’on ne peut que l’imaginer.

« En sortant ce soir là de la Maison-Blanche avec l’ambassadeur, j’ai pensé qu’à partir de maintenant, c’était ce canapé qui allait régner sur le monde, et qu’à la violence du totalitarisme allait se substituer cette violence-là, une violence diffuse, civilisée, une violence si propre qu’en toutes circonstances le beau nom de démocratie saurait la maquiller » Jan Karski, Yannick Haenel

Les Aventuriers de la Mer L’intégrale Tome 1 Robin Hobb

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Le navire La Vivacia est un navire en bois sorcier où le Capitaine Verstrit et sa fille Althéa sont les maîtres à bord : cependant Kyle le beau fils souhaite l’obtenir afin de pouvoir continuer à amasser fortune en le mettant au service d’esclave à la mort du Capitaine Verstrit, il y met son fils de force et le prive de sa condition de moine.

Althéa ayant de nombreux désaccords avec son beau-frère quitte le navire famiale afin de trouver une solution et qui lui revienne de droit, en parallèle sur terre la famille Verstrit a des dettes à régler, des terres à vendre, le second du navire a lui aussi quitté le bateau et retrouve Althéa sur un navire abattoir.

Ce livre ne ressemble pas à ce que l’on attend, c’est une histoire de piraterie, de nouveaux horizons, le personnage principale d’Althéa est vraiment intéressant, les histoires parallèles le sont également, la magie n’est pas aussi présente et les décisions des personnages sont tout autant importante. J’ai lu les trois premiers tomes et il me tarde de lire la suite. Je le conseille à tout ceux qui veulent commencer la fantasy et qui comme moi ne s’y intéressent pas forcément assez pour connaître les bons et mauvais auteurs. Robin Hobb est également l’auteure (pas d’erreur c’est une femme) de l’Assassin Royal. (bien que je l’ai essayé je n’ai jamais réussi à terminer le premier tome).

Nous Autre d’Eugène Zamiatine

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(Paris Montparnasse-Librairie Payot, Slovénie : Marseille-Ljubljana)

Il y a gare de Paris Montparnasse un libraire qui va vous gronder si vous vous aventurez à lire Gemmel ou à lui en acheter. Il va vous dire que ce n’est pas de la bonne fantasy et vous conseillera Bordage. Ce même libraire est féru de science-fiction et m’avait proposé un choix entre Nous Autres de Zamiatine, Le monde Inverti de Priest et une troisième histoire dont je ne retrouve pas le titre mais où il s’agissait de marchands de tapis et de cheveux. J’ai choisi le Zamiatine. Il m’a dit que si je n’aimais pas trop Damasio ou que je n’accrochais pas il ne valait pas mieux choisir celui-ci.

Dans un monde où tout est calculé de manière géométrique, le bonheur est obligatoire, le héros de l’histoire note dans un carnet, la construction mathématique et musicale d’une machine : L’intégrale. En même temps il s’adresse à nous habitants du passés, il y explique comment le bonheur et la conformité règne en maître sur le système. Il se moque de notre système actuel et dit que les ancêtres agissaient comme des barbares car rien ne reposait sur la science exacte des mathématiques.

C’est dans ce carnet qu’il s’interroge sur ces doutes, cet état second que l’on appelle l’amour et sa maladie qui est d’avoir une âme. Ce livre a été écrit dans les années 1950, il est vraiment très impressionnant par son côté visionnaire. Même si certains passages sont difficiles il est intéressant d’aller jusqu’à la fin afin de comprendre en quoi ce livre reflète parfois notre société. (Souriez vous êtes gérés).

La Tyrannie des apparences de Valérie Clo

 

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(Rennes- Clermont-Ferrand)
Quand j’ai lu ce livre dans un Rennes-Clermont-Ferrand (8h, changement à Paris Bercy, ligne 6) j’ai été happée par l’histoire. Dans un monde où la vieillesse est l’accomplissement, les jeunes se font des injections pour avoir des cheveux blancs plus rapidement, des régimes pour vieillir et ainsi avoir un rôle dans la société. Fille d’un directeur d’une entreprise de produits cosmétiques notre héroïne se pose beaucoup de questions sur la société et l’égalité entre la jeunesse et la vieillesse. Se sentant de moins en moins épanouie dans ce système elle peut tout de même accéder à une très vieille bibliothèque où elle retrouve un témoignage d’une femme des années 2000 et réalise que la tendance est inversée mais qu’elle fait face aux mêmes problématiques. Pendant qu’elle rencontre des fils d’amis de ses parents ou des hommes qui souhaitent l’épouser afin de procréer l’un d’entre eux à son âge et lui parle de ses études ainsi que des méfaits du systèmes sur la santé. Très belle critique de notre société actuelle et de notre course à l’éternelle jeunesse, le jeu d’inversion est très impressionnant et étrangement moderne.