Reflets dans un oeil d’Homme Nancy Huston

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Il y a quelques années la notion seule de féministe me révoltait et me révulsait. Le problème avec les féministes c’est que les médias ont tendance à les faire passer pour des révolutionnaires frustrés sexuellement. C’est l’image que j’avais des féministes avant. Avant de vivre dans le sud-est pendant un an et demi. La population misogyne atteint là-bas des sommets. Jamais je n’avais entendu des immondices pareilles : « Depuis que l’homme et la femme sont égaux tout va à veau-l’eau, la société est détruite, vous devriez rester à vos fourneaux ». Les : « de toute manières les femmes ne servent qu’à écarter les jambes et faire le ménage ». Cette vision très stéréotypée de la femme est sans doute celle qui me convenait sans que je le sache avant. Avant je trouvais qu’on faisait beaucoup trop d’histoires sur le féminisme, ça m’énervait d’étudier ces mouvements en classe. Vraiment. Ça me gonflait. Jusqu’à ce que je rencontre ces énergumènes et que je réalise que le sexisme n’était pas une légende urbaine.

Je ne suis pas resté à mes fourneaux. J’aurai peut-être du finalement,, c’est vrai après tout la femme est sans doute faite pour la lessive, le foyer, le ménage. Bref. Sans rire. Je me suis intéressée au féminisme le jour où je suis tombée sur le reportage d’infrarouge A quoi rêvent les jeunes filles et ensuite un blog qui s’appelle Poulet Rotique ,très marrant lorsqu’il s’agit de décortiquer les paradoxes. Je m’égare.

Reflets dans un œil d’homme est un livre très enrichissant, on a une vision de la femme par l’homme, par ce que la société nous inculque, par ce que les autres femmes attendent de nous également. On nous demande sans cesse d’être féminine et coquette, lisse et proprette…Cette image de Barbie siliconée comme miroir déformé ne correspond pas, la mère doit être au foyer et au travail cependant l’idée même d’une mère est éliminé désormais. Les différents passages sur la prostitution et l’image que l’on renvoi de soi sont particulièrement travaillés, l’auteure a mis en avant les figures d’Anaïs Nin et de Nelly Arcan comme exemple de prostitués célèbres plutôt de femmes célèbres travaillant avec leurs corps.

Elle met également sur la scène le côté contradictoire, nous souhaitons l’égalité homme/femme et aimerions que l’on arrête de nous prendre pour des Barbies qui ne passent pas tout leur temps à se maquiller et en même si une femme n’est pas maquillée et tirée aux quatre épingles elle est négligée, peu féminine. Pas très apprêté. On nous demande de s’accepter tel que l’on est mais on n’accepte pas celles qui ne sont pas dans la norme.

J’ai beaucoup aimée cet essai, je le recommande aux hommes, aux femmes et aux antiféministes comme j’ai pu l’être pendant très longtemps.

« Il y a un problème de la femme, il y a réellement un grave problème de la femme, nous nous sommes engagés dans un dur chemin nous autres femmes extérieurement émancipés, je suis curieuse de voir où il mène . »

PS : Vraiment je le recommande à tous, même toi là dans ton canapé son ton plaid qui pense que les féministes ce sont des lesbiennes frustrées. T’inquiètes il faut aller au delà des stéréotypes. Et si le sujet t’intéresse voici le lien youtube de la vidéo Infrarouge et le lien vers le site Poulet Rotique de Clarence Edgar Rosa.

Dernière Note : lorsque je travaillais encore une cliente m’expliquait que ses enfants dans certains arrondissements de Marseille n’avait plus cours le mercredi et le jeudi, ma question fut : « mais qui garde les enfants ? » sa réponse : « Nous, le message que l’on essaie de nous faire passer, c’est retourne aux fourneaux ! ».

Et toi ami de l’internet qu’en penses tu de ces histoires de féminisme ? Si tu en as marre qu’on te les casse avec ça tu as le droit de le dire, je ne te jetterai pas la pierre.

Bonne Lecture. 🙂

La Supplication Sveltana Aliexevitch

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Cette année dans mon travail, j’avais un client aguerri de science-fiction pourtant c’est ce livre la qu’il m’a dédicacé m’expliquant comment le goût de la lecture lui était venu. Il m’a offert ce livre en juin 2015 avant que Sveltana Alexievitch n’obtienne le prix Nobel de la littérature. Ce livre est un essai sur Tchernobyl, c’est une sorte de roman choral sur les différentes réactions des populations face à la catastrophe, Tchernobyl est un laboratoire de l’humanité dit-elle. Sous forme de témoignage elle va à la rencontre de la population de ceux qui sont restés dans la zone qui étaient là lors de la catastrophe, oui c’est devenu le seul livre qui témoigne de ceux qui ont souffert.
On apprend que les autorités n’avaient pas suffisamment d’iodes à la disposition des population, que les liquidateurs était très peu protégés lors du recouvrement du réacteur. L’humanité a trouver les moyens de s’éteindre toute seule à ceci près qu’elle n’a aucun antidote.

La Vie Matérielle Marguerite Duras

Oui je me fais un marathon Duras pendant que d’autres se font des marathons Harry Potter. Des trois Duras que j’aie pu lire pour le moment : c’est mon préféré. La vie matérielle c’est un peu particulier. Elle le dit elle-même : « C’est un livre de lecture ». Un livre sur des moments de sa vie, sur des lieux, des objets, des listes. Un livre de lecture très agréable à lire, très doux. Un passage sur l’intérieur d’une maison et l’importance du foyer, une liste sur le frigo, les dames de l’hôtel qui se raconte leurs vies. Ce livre est un bel éloge du quotidien mais pas uniquement, il est aussi un retour sur certains poisons de l’existence. Il y a chez Duras une justesse pour décrire l’indescriptible. Je vous le recommande si vous aimez Duras et la vie.
« Au revoir Marguerite Duras »

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Jours sans faim Delphine de Vigan

Jours sans faim Delphine de Vigan
Laure, Anorexique en rémission. Sans doute l’histoire de De Vigan qui a eu le moins d’effet sur moi, après avoir lu D’après une histoire vraie, retourner à son style de départ cela donne une transition étrange. Cependant il m’a été très agréable de lire ce livre, je le recommande à ceux qui aime cette auteure. un-jour-sans-faim1

Ce que c’est que l’amour Régis Jauffret

Petit recueil d’histoires affreuses sur l’amour. Si l’on est adepte de Jauffret on comprendra son humour très noire et très cynique, si ces histoires n’ont sur vous que l’effet glaçant d’un dimanche après-midi dans le train alors passer votre chemin. Régis Jauffret se moque de nous, de vous , de soi.ça rappelle légèrement Microfictions par moment.
PS : pendant longtemps notamment après avoir lu Claustria je m’étais promis de ne jamais relire du Jauffret, on peut se tromper, il y aussi Jeux de Plage qui est superbe.Regis-Jauffret-Ce-que-c-est-que-l-amour

Ce que disent les morts de Philippe K.Dick

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J’ai commencé à lire Philippe K.Dick le jour où j’ai lu Je suis vivant et vous êtes mort d’Emmanuel Carrère. C’est intéressant de voir qu’un auteur contemporain comme Emmanuel Carrère ait puisé une telle source d’inspiration de Philippe K.Dick. Ce que disent les morts est l’histoire de Louis Sarapis, puissant directeur d’une entreprise qui fonctionne très bien il se fait cryogéniser lors de sa mort afin de prendre le contrôle sur les ondes du monde entier. C’est un thème récurrent chez Philippe K.Dick que la Semi-Vie, il peut-être difficile de s’accrocher au genre de la science-fiction notamment lorsque nous n’y sommes pas du tout habitués.

Les histoires de K.Dick ont toujours sur moi cette effet frissonnant, angoissant comme une résonance au monde qui nous entoure généralement les fins sont aussi surprenante, Philippe K.Dick a toujours surpris ses lecteurs.

Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras

Le premier livre de l’année : Un barrage contre le Pacifique de Marguerite Duras.Un-barrage-contre-le-Pacifique

Non je ne fais pas dans la rentrée littéraire de Janvier, bien que certains livres notamment celui de Camille Laurens me faisait de l’œil, j’ai décidé de lire Duras cette année. C’est vraiment une mélodie à part que celle de Duras,je n’avais lu que La Douleur (qui est plutôt difficile émotionnellement). Une jeune fille élevée dans les colonies de Cochinchine vit avec sa mère et son frère. Sa mère s’est mis en tête de construire une série de barrage contre le pacifique afin que son exploitation soit rentable et que la terre puisse être cultivée. J’ai aimée ce côté très flottant, hors du temps de la maison, l’importance que revêt le bungalow, l’importance de la jeune fille qui en tant que personnage principale et non moins autobiographique raconte cette histoire de vie.

La famille et ses violences, ses immoralités, son côté malsain.Ce que j’aime le plus chez Duras c’est que ses héros sont humains, ils ont des failles vraiment terribles,sont incapables de prendre des décisions eux-mêmes et se laissent parfois trop faire par la matriarche.

Je le conseille peut-être au lecteur averti, à prendre comme une ballade en Indochine et se laisser porter par l’histoire.